
D'un patrimoine à l'autre
Publié à 0h00 le jeudi 11 mars 2010

«Mortelle confession» enracine un héritage collectif

Auteur d'un recueil de contes et de nouvelles littéraire, Jean-Louis Gervais était de passage à la Bibliothèque publique Mgr-Plourde de Saint-François, le mardi 9 février. Qui de mieux qu'un éducateur passionné de rédaction et de traduction pour ramener notre patrimoine dans une forme littéraire accessible à tous?
Première publication de l'auteur aux Éditions de la Francophonie, «Mortelle confession» (2008) réunit huit récits élaborés sur des détails patrimoniaux de la vie d'autrefois. L'auteur ravive ses émotions et ses expériences de vie pour livrer le terroir du Bas-Madawaska dans une forme littéraire vivante qui fait frémir tout autant les gens du Haut-Madawaska.
«Notre patrimoine se ressemble beaucoup», a reconnu Jean-Louis Gervais, lequel s'est aussitôt lancé dans l'énumération de ces belles descriptions qui décrivent la réalité d'antan. Parlant de son style, l'auteur dira: «La façon de rapporter les dialogues est ce qui est le plus près du patrimoine.»
Cette remarque a d'ailleurs suscité un témoignage bien pesé de l'enseignant et ex-directeur scolaire à la retraite, Gérard Dubé. Présent à la présentation littéraire, M. Dubé avouait avoir lu le livre tout d'abord pour l'homme et le collègue de travail voué à la sauvegarde du français, qu'il connaissait déjà et également par curiosité. Mais, après avoir lu le livre, ce dernier déclarait: «Ce volume devrait être obligatoire dans les écoles parce qu'il est écrit sur un fond de patrimoine. Il faudrait amener les gens à le lire, d'autant plus que le livre est bien écrit, bien documenté et facile à lire. Le langage est celui du commun du mortel.»
Reconnaissant du mérite au livre de M. Gervais, M. Dubé a tenu à féliciter l'auteur et a souhaité que les jeunes aient le goût de le lire.
Selon Jean-Louis Gervais, les lecteurs de «Mortelle confession» devraient pouvoir lire un deuxième ouvrage dans le même style prévu pour 2011. Se trouvant à l'aise dans la forme du conte et des nouvelles, l'auteur ne cache pas néanmoins que de se voir publié lui a foutu la trouille. «La journée avant le lancement, j'aurais voulu prendre mes livres et les cacher, j'avais peur que des personnes se reconnaissent dans mes personnages.»
Bien que le livre soit de la fiction, il n'en demeure pas moins que l'inspiration du livre provient de l'expérience vécue de l'auteur et ce dernier expliquait à son auditoire de Saint-François que c'est à la fois la crainte de l'opinion et les reproches du public qu'il craignait. Ne voulant ni nuire à personne, ni être méchant, l'auteur affirme que l'expérience d'un premier livre, c'est une chose dont il peut mieux parler avec le temps. «Écrire un livre, c'est ce faire un cadeau à soi-même», proclame l'auteur qui finalement retire beaucoup de fierté de son œuvre.
Quel est son récit préféré dans «Mortelle confession», lui a demandé l'animatrice de la présentation, Mélanie Hachey? Bien sûr, on aurait pu s'en douter, il s'agit du récit «Le dévidoir tête de pioche». Et qui est son auteur préféré? Sans hésitation et peut-être parce qu'elle était enseignante également: Gabrielle Roy, surtout dans «La route d'Atalmont».
Jean-Louis Gervais aime accompagner sa vie des «Lettres de mon moulin» d'Alphonse Daudet et des œuvres de Guy de Maupassant. Toutefois, il recommande chaudement l'auteur actuel le plus lu de la francophonie, soit Éric-Emmanuel Schmitt surtout dans «Oscar et la dame en rose».
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